De la difficulté d’apprendre la langue corse | 2. La persévérance enthousiaste

Combien sommes-nous d’adultes à apprendre la langue corse seuls, par nous-mêmes ?

Je me pose cette question depuis que j’ai visité Ampargu a lingua corsa, le blog d’une corsophone autodidacte. C’est le parler du nord qui y est mis en avant, avec une petite place faite également aux parlers du sud (à travers notamment une mise en parallèle pédagogique des deux versions (corse et française) de quelques articles d’Alta Frequenza).

On peut trouver sur ce site, par exemple et sans exhaustivité :
– des traductions de chansons ou d’articles (de A piazzeta (ex.), de la Wikipedia in lingua corsa (ex.), du dictionnaire Infcor (ex.), etc.)
– des mises en parallèle de la version corse et de la version française d’ouvrages édités par le CRDP de Corse (ex.)
– des vidéos sous-titrées (ex.)
– de l’enthousiasme et du courage
 

Apprendre une langue est difficile. Mais l’apprendre seul est très difficile (difficiuli difficiuli  ( ?)), à cause de ce terrible virus que l’autodidactisme porte en lui : le doute.

Est-ce que ‘j’apprends juste’ ? Est-ce que je ne suis pas en train d’enchevêtrer plusieurs parlers, créant ainsi une langue abâtardie, mutilée par tous les bons soins que je lui porte ?

Et l’incertitude rôde, indésirable accompagnatrice de tous les instants. Agaçante, elle tourne, elle vire. Perfide, elle attend, tapie dans le prochain mot, le prochain son. Insidieuse, elle fait mine de disparaître pour revenir, un peu plus tard, flanquée de son cortège d’hésitations, hanter les moindres initiatives.

Personne n’est là pour rectifier les petites mécompréhensions, les petites erreurs qui, en s’ajoutant les unes aux autres, risquent d’aboutir à un horrible chancre linguistique. Personne, sauf l’enthousiasme.
L’enthousiasme ne peut pas pointer du doigt l’erreur commise ni indiquer comment la rectifier. Mais il peut aider l’autodidacte à lutter contre ce maudit doute qui, sinon, rognerait miette par miette toute la persévérance de celui ou de celle qui est en train d’apprendre.

 
Et ce n’est pas là le seul obstacle, dans cette étude de la langue. Le fait d’apprendre en tant qu’adulte peut être un écueil plus pernicieux encore. Les erreurs – inévitables au cours de l’apprentissage d’une langue – sont pardonnées aux enfants ; elles le sont beaucoup moins aux adultes.

Or, le blog d’aCiaccera offre à ceux qui essaient d’apprendre le corse par eux-mêmes, en sus de tout un travail sur la langue, un antidote à ces deux entraves que sont la peur d’abîmer la langue et la crainte d’être moqué : la persévérance enthousiaste. Si seulement celle-ci pouvait être contagieuse !

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